On voit beaucoup de gens construire des maisons en paille ces temps-ci. Cette technique est à la fois pertinente, abordable, et incroyablement attrayante.
Cependant, parmi eux, la majorité choisissent le chauffage au bois. Ces maisons sont typiquement "basse énergie" (classe B), et équipées d’un poêle de masse intégré dans l’architecture.
Ce n’est pas que ce choix soit mauvais, mais la question mérite qu’on s’y attarde : quand on a construit une maison bioclimatique en paille, la classe A (ou "très basse énergie") est à portée de main. Le saut du "sans chauffage" est-il si effrayant ?
En augmentant la taille de la baie vitrée, en ajoutant une VMC double-flux, en prenant des fenêtres haut-de-gamme et en faisant l’effort de l’étanchéité à l’air, on peut économiser le poêle, les corvées de bois, la cheminée et le combustible. Et ajouter encore au sex-appeal de la maison.
Bien sûr, beaucoup disent que le feu de bois possède son propre charme. Sa chaleur, son crépitement rassurant, et le subtil bien-être thermique qu’il apporte sont indiscutables. Mais le soleil fait la même chose ! Et la silhouette des lézards sur le pare-soleil, le gradient de température du carrelage ou la palpable absence d’intrant, voilà les paillettes de magie d’une maison passive.
Il y a plus. Les auto-constructeurs "paille" sont aujourd’hui à l’avant-garde. Ce sont eux qui peignent l’icône de la maison écologique, ils ont un impact sur l’imaginaire collectif. Si ces gens-là se contentent de la classe B, alors il manque quelque chose au rêve, et une partie du problème est manquée. Car le véritable enjeu d’une maison écologique, c’est le chauffage, pas l’énergie grise [1],
Aujourd’hui, le terme "maison passive" est entré dans le vocabulaire du public. Il faut que demain, ils devienne incongru de construire une maison écologique "classe B".

