Code

/* efdtt.c   Author:  Charles M. Hannum <root@ihack.net */
/*                                                      */
/* Thanks to Phil Carmody <fatphil@asdf.org> for        */
/*   additional tweaks.                                 */
/*                                                      */
/* Length:  434 bytes (excluding unnecessary newlines)  */
/*                                                      */
/* Usage is:                                            */  
/* cat title-key scrambled.vob | efdtt >clear.vob       */

#define m(i)(x[i]^s[i+84])<< 
unsigned char x[5],y,s[2048];main(n){for(read(0,x,5);read(0,s,n=2048);write(1,s 
,n))if(s[y=s[13]%8+20]/16%4==1){int i=m(1)17^256+m(0)8,k=m(2)0,j=m(4)17^m(3)9^k 
*2-k%8^8,a=0,c=26;for(s[y]-=16;--c;j*=2)a=a*2^i&1,i=i/2^j&1<<24;for(j=127;++j<n 
;c=c>y)c+=y=i^i/8^i>>4^i>>12,i=i>>8^y<<17,a^=a>>14,y=a^a*8^a<<6,a=a>>8^y<<9,k=s 
[j],k=''7Wo~'G_\216''[k&7]+2^''cr3sfw6v;*k+>/n.''[k>>4]*2^k*257/8,s[j]=k^(k&k*2&34) 
*6^c+~y;}}

- Plus petite implémentation en langage C de l'algorithme DeCSS pour décrypter un DVD, écrit par Charles M. Hannum en C.E. 2001. ATTENTION: utiliser ce programme afin de regarder un film acheté légalement est considéré par certaines cours de justice américaines comme une violation de l'article 17 USC 1201(a)[*]

Jeudi, 4 octobre 2057, 18h16 Métadate 2.379-6$:$02$:$083 kD nouvelle époque

Marguerite nageait dans une mer de chiffres, un univers de données numériques qu'elle percevait en trois dimensions par le toucher, l'odorat et le goût en plus de la vue. Elle flottait dans un bureau virtuel, réduit à sa plus simple expression, avec autour d'elle des fenêtres d'informations suspendues dans l'air, dans lesquelles défilaient les rapports d'exécution de ses programmes, parfois sous forme textuelle, parfois sous forme graphique ou imagée, et assez souvent sous forme de parfums ou de sons. Elle balayait écran virtuel après écran virtuel, cherchant désespérément toute information qu'elle pourrait trouver concernant le destin de ceux qui avaient été arrêtés ces derniers jours.

Toujours rien! s'exclama-t-elle dans un souffle en fouillant dans d'autres blocs d'information abstraite. Elle était sur le coup depuis bientôt un kilodiei. Elle avait commencé par s'infiltrer dans le réseau local du commissariat de l'Université, puis, cela n'ayant servi à rien, elle s'en était prise au réseau de police national. Maintenant, elle était passée au niveau fédéral, pénétrant dans les ordinateurs du FBI lui-même, bataillant contre les protocoles de sécurité et les programmes de contrôle dans quelque chose qui, pour elle, correspondait pratiquement à du temps réel. C'était sérieux, et bien qu'elle fût peu modeste concernant ses capacités, elle réalisa brusquement qu'elle était à la limite de ses talents de programmation.

Elle ne se faisait pas d'illusions. Si elle hésitait maintenant, si son intrusion dans le système était de quelque façon détectée et signalée, ils pourraient certainement remonter la piste jusqu'à elle. Les n\oeuds intermédiaires sur lesquels elle avait rebondi, le chiffrage qu'elle avait utilisé pour se dissimuler elle et ses actions, étaient nécessairement limités par le protocole de communication d'Internet lui-même, protocole que le FBI avait contrôlé et approuvé une génération plus tôt. Elle avait déjà retrouvé les portes dérobées du protocole quelques semaines plus tôt, mais savoir qu'elles étaient là, et comment elles fonctionnaient, ferait peu pour la protéger si les autorités décidaient de s'intéresser sérieusement à ses activités. Elle avait des programmes tournant en tâche de fond qui la préviendraient si l'un des pièges du protocole se déclenchait, et même identifieraient celui qui l'avait posé. Ce n'était pas comme si cela importait beaucoup, puisque 5 minutes plus tard les agents se présenteraient devant son domicile réel et enfonceraient sa porte, débrancheraient son n\oeud et transporteraient son corps comateux ailleurs pour examen et détention. Elle le supposait. Jusqu'à présent, elle n'avait pas trouvé la moindre information pouvant la renseigner sur le sort de ceux qui étaient actuellement détenus.

Elle doutait que son corps soit prêt à fournir un effort physique conséquent, et une fuite par d'autres moyens qu'à pied serait très certainement repérée. Fuir dans le réel serait probablement illusoire. Malheureusement, s'échapper dans le virtuel ne serait pas une mince affaire non plus. Il lui faudrait à peu près quatre heures pour se transcharger, elle ou une copie d'elle-même, à travers Internet dans un n\oeud positionné en lieu sûr, et avec ses ressources actuellement monopolisées par son intrusion dans le réseau du FBI, elle n'avait tout simplement pas de bande passante à gaspiller. Elle se maudit de ne pas y avoir pensé plus tôt, de ne pas avoir stocké une sauvegarde d'elle-même quelque part.

Elle continua donc, résignée au fait qu'elle jouait le tout pour le tout, et que le moment de tout arrêter, si elle l'avait voulu, était passé depuis longtemps. Soit elle découvrirait ce que la communauté voulait désespérément savoir, soit elle deviendrait une statistique de plus dans le nombre croissant des détenus dont on était sans nouvelles.

Une odeur acidulée, accompagnées d'un clignotement en dessous sur sa droite, attirèrent son attention. Trafic autorisé, chiffré avec l'algorithme DES-6 et une clé de 56 kilo-octets. Elle recopia les données sur son propre n\oeud via plusieurs canaux séparés, puis se clona et continua à contenir la sécurité du système pendant que sa copie analysait et déchiffrait les données dans le calme de son environnement personnel. Vingt millicircadiens plus tard, son clone lui renvoyait le flux de données déchiffré.

Un soupir de satisfaction lui échappa. C'était exactement ce dont elle avait besoin: une séquence complète d'authentification par question-réponse pour un accès sécurisé. Même si l'agent dont elle allait endosser l'identité n'avait pas accès aux informations qu'elle cherchait, il lui permettrait au moins de passer le premier écueil. Elle encoda une séquence d'authentification valide, puis attendit que le système de l'autre côté l'assimile, et, enfin, lui autorise l'accès.

CENTRE DE RAPPORT D'ACTION DU FBI.

Bienvenue Agent Kenneth Brenton.

MENU:
* Soumettre un rapport d'activité
* Consulter un rapport d'activité
* Demande d'informations (SOUS-MENU)

Une rapide inspection du système lui apprit que l'agent Brenton était un employé de bas niveau avec pratiquement aucune autorisation d'accès à quoi que ce soit. Cependant, être identifié comme un utilisateur légitime faisait taire tous les programmes de surveillance auxquels elle aurait dû faire face autrement. Elle utilisa cette opportunité afin de permettre à sa copie de se transcharger vers un n\oeud sûr en Alaska, puis, rassurée, elle continua à fouiller dans le système. Maintenant, il n'y avait plus que son corps physique et une copie d'elle-même qui risquaient quelque chose, plutôt que son être entier.

Elle rejoua la séquence d'authentification, passant les données à travers les nombreux filtres qu'elle et les autres programmeurs de la communauté avaient écrit dans les kilocircadiens qui avaient suivi les premières arrestations et détentions. Elle pouvait facilement casser par la force brute le code de cryptage grâce à un algorithme quantique simple et parfaitement connu, c'était d'ailleurs par cette méthode qu'elle s'était procuré le code d'accès de l'agent Brenton. Le problème venait du fait que les séquences d'authentification changeaient régulièrement. L'agent Brenton devait posséder un datapad avec tous les codes pré-enregistrés pour toutes les missions qui lui seraient assignées, ou plus vraisemblablement, il avait sur lui une carte génératrice synchronisée avec le serveur central du FBI. La bonne séquence devait changer de minute en minute, ou même, si les informations étaient suffisamment sensibles, de seconde en seconde. Malgré son facteur d'accélération actuel, six cents fois plus rapide que le réel, le temps jouait contre elle.

C'était pour cette raison qu'elle tentait de casser directement le générateur de séquences d'authentification lui-même, espérant que la solution n'était pas juste des chiffres aléatoires, mais une formule qu'elle pourrait identifier avec suffisamment d'analyse. Ce n'était pas aussi improbable que ça en avait l'air. Même le générateur de chiffres le plus aléatoire possible en apparence devait, dans un système déterministe comme celui auquel elle s'attaquait, posséder un schéma associé. Il était notoirement difficile d'obtenir des nombres véritablement aléatoires, ceci exigeant des efforts extraordinaires et un équipement coûteux. Marguerite pouvait raisonnablement douter que le FBI possède un générateur de nombres atomique, et encore plus l'équipement hyper-sensible nécessaire pour mesurer les variations atomiques aléatoires et les traduire en chiffres. Il fallait espérer qu'ils ne se décident pas, un jour, à investir de telles sommes; ils pourraient alors transmettre leurs informations en utilisant des datapads synchronisés quantiquement une bonne fois pour toutes, comme le faisaient la communauté autonome et Double Eye.

Néanmoins, bien qu'elle fut presque certaine qu'il existait un schéma dans les séquences d'authentification auxquelles elle était confrontée, la tâche s'avérait fastidieuse. Les séquences pseudo-aléatoires n'étaient pas si faciles à discerner. En premier lieu, elle devait se baser sur l'échantillon statistique des données qu'elle avait obtenues pour reconstituer l'algorithme utilisé pour créer les chiffres pseudo-aléatoires. Ensuite elle devrait déterminer de quelle manière les deux parties des séquences d'authentification étaient reliées. Cette relation pouvait être aussi triviale que l'index d'un annuaire ou d'un dictionnaire, mais plus probablement complexe et évasive. Cette tâche allait nécessiter beaucoup de temps et de patience... sans doute des décennies ou même des siècles avant qu'une réponse soit été entrevue, et encore moins trouvée.

Après coup, elle jeta un coup d'\oeil sur la mission actuelle de l'agent Brenton et se figea.Pourquoi diable s'intéressent-ils à lui? murmura-t-elle.

-- N\oeud, mets-moi en communication avec Prime. Un moment passa, puis un autre. Pendant ce temps, Marguerite explorait le système, pistant autant d'informations que l'accès limité de l'agent Brenton le lui permettait, et collectant au passage tout ce qu'elle pouvait concernant les protocoles internes du système.

-- Une bonne raison pour ne permettre qu'une communication vocale, Marguerite? La voix désincarnée de Prime l'entoura et la fit grimacer.

-- Je suis dans les entrailles du réseau de communication du FBI et je préfère ne pas être distraite. Écoute, ils projettent d'arrêter Viktor Strizak avant qu'il ne prononce son discours au MIT. Ce soir, dans à peine plus d'une heure.

-- Strizak? fit Prime d'une voix incrédule. Mais que diable peuvent-ils bien lui reprocher?

-- Tu veux dire, à part ses critiques contre l'OMPI et les lois sur la propriété intellectuelle? On ne peut pas dire non plus qu'il ait les faveurs des corporations américaines, ou de leurs laquais au gouvernement.

-- C'est vrai, mais il n'a commis aucun crime. Cet homme est largement connu pour le fait qu'il condamne aussi bien les violations de copyright que le système de copyright lui-même. Je doute qu'il ait une seule infraction à son casier judiciaire.

-- Il n'en a pas, confirma Marguerite, j'ai vérifié. Ils ont prévu de l'arrêter pour incitation à des actes criminels.

-- C'est absurde. Cet homme ne connaît même pas notre existence. Comment pourront-ils justifier ces charges contre lui?

-- Je n'en sais rien, répondit Marguerite. Mais, comment peuvent-ils détenir Eugène et Manuel depuis bientôt une semaine sans un mandat d'arrêt? Le FBI semble agir au plus vite et s'affranchir des procédures légales.

-- Il apparaît malheureusement comme une évidence pour ceux qui la connaissent que la constitution n'a pas été respectée sérieusement par les autorités depuis 1980, commenta Prime. Ce n'est pas une surprise que les mêmes autorités choisissent désormais de l'ignorer complètement. Hmmm. Est-ce que tu penses que ça a un lien avec nous?

-- Je me demande comment. Il n'a absolument aucune connexion avec la communauté. Nous avions décidé qu'il avait un profil trop suspect pour l'inviter, tu te rappelles?

-- Exact! Avec les discours qu'il a tenu, c'était certain que les autorités garderaient un \oeil sur lui. Quelle misère. Il aurait fait une bonne recrue pour la communauté.

-- Tel est le prix quand on veut exprimer son opinion en public. Mais bon sang, les autorités doivent aussi bien savoir que nous, qu'il n'a aucun lien avec nous.

-- C'est sans importance. Arrêter une bande de dissidents de haut niveau est une réponse autoritaire typique à tout ce qu'ils ne contrôlent pas et qui leur fait peur. Supprime les leaders politiques et intellectuels, divise le mouvement, et le problème peut parfois disparaître.

-- Je suppose que tu as raison.

-- De tout façon, dit Prime, si nous sommes responsables d'une quelconque façon des problèmes de Strizak, nous devrions lui donner un coup de main. On devrait même reconsidérer à l'inviter dans...

-- Excuse moi une minute, Prime. Marguerite se trouva brusquement très occupée lorsque la liaison qu'elle utilisait pour fouiner dans le système commença à faiblir. Des fichiers de trace commençaient à s'écrire et devaient être redirigés, des messages d'alerte apparaissaient. La plupart n'étaient que des messages normaux de confirmation, vérifiant que la liaison n'avait pas été compromise. Naturellement, la présence de Marguerite dans le système signifiait le contraire, et maintenant elle devait effacer ses traces du mieux qu'elle pouvait. Après plusieurs millidiei elle réalisa que malheureusement elle n'allait pas pouvoir rediriger toutes les traces. Son seul espoir était de ne déclencher aucune alerte rouge, qui inciterait quelqu'un à vérifier plus précisément les fichiers de trace. Après plusieurs autres millidiei, elle était raisonnablement certaine qu'elle s'était déconnectée du système sans déclencher la moindre alarme.

Elle vérifia les logs de la session et fut agréablement surprise par la quantité d'informations qu'elle était parvenue à rassembler. Les séquences des protocoles en particulier seraient d'une valeur inestimable pour ses incursions futures dans le système. D'ici peu, elle serait probablement capable de contourner les systèmes de sécurité à volonté. Les informations qu'elle pourrait alors recueillir seraient d'une très grande valeur pour la communauté.

-- Désolée, dit Marguerite, J'étais occupée un instant.

-- Des problèmes?

-- Je ne suis pas certaine. Je ne pense pas. Écoute, nous devons intercepter Strizak avant son arrestation.

-- Quand prévoient-ils exactement de l'arrêter?

-- Son discours est normalement prévu pour neuf heures, heure locale. Ils ont l'intention de l'arrêter dès qu'il sortira de chez lui, probablement aux alentours de huit heures trente. Voici l'accès aux données que je possède sur ce sujet.

-- Hmm, murmura Prime un moment plus tard. Selon les données que tu viens de me fournir, nous disposons de soixante-quatorze minutes. Au mieux. Cela représente environ quatre cent circadiens si nous utilisons avec sagesse notre bande passante et que nous n'exécutons pas d'environnement de groupe. Si tu en as fini avec les fédéraux maintenant, nous pourrions peut être nous réunir et voir ce que nous pourrions faire.

-- Pas d'environnement de groupe, tu te rappelles?

-- Nous allons juste faire une téléconférence, répondit Prime. Rien que le son et l'image, pas d'échange sensoriel complet ni de représentation d'avatar. Le ralentissement devrait être négligeable, et nous devons nous concentrer là-dessus. La planification n'est pas ce qui m'inquiète, Marguerite. C'est le fait de prévoir une action dans le réel pour sauver cet homme qui pose problème. Ici nous avons tout le temps, là-bas, nous avons à peine une heure.

-- Je suis d'accord. Écoute, invitons Kyle aussi... il doit avoir fini sa nouvelle génération de nano-constructeurs, et je soupçonne que ce que nous pourrions faire le concernera lui ou ses bestioles d'une façon ou d'une autre.

-- Bonne idée. Nous aurons aussi besoin du Docteur Coolridge. Elle est à Boston, et nous aurons probablement besoin d'une présence physique si nous devons agir.

-- Oh merde! Le metatemps est synchronisé avec le temps central standard.

-- Oui. La première expérience ayant eu lieu dans l'Illinois c'est normal que... oh. Oh non. tu n'as pas...

Marguerite se recroquevilla.

-- J'ai oublié le décalage horaire. Nous n'avons pas soixante-quatorze minutes. Nous avons quatorze minutes. En gagner ou perdre quelques-unes dépend de Victor lui même. Prime maugréa. Espérons qu'il soit en retard. J'ai appelé Edith et Kyle. Penses-tu à quelqu'un d'autre qui puisse nous aider?

-- Pas pour l'instant. Marguerite balaya les écrans de données tout autour d'elle et les remplaça par trois panneaux virtuels côte à côte devant elle. Prime y apparut immédiatement, suivi quelques minutes plus tard par Kyle, puis par le docteur Coolridge.

-- Bonsoir, fit Marguerite, je présume que Prime vous a mis au courant de la situation. J'ai préparé un engramme de connaissance sur tout ce que je sais du futur emprisonnement de Viktor Strizak.

-- Excellent, répondit Edith Coolridge. Le temps nous manque, alors mettons-nous immédiatement au travail.

Thomas Tempé 2008-11-30